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RSE et mixité : oui, les femmes ont leur place dans l’industrie, la preuve…

Article publié le 22 novembre 2016

Les femmes ne choisissent pas certains métiers réservés, paraît-il, aux hommes. Et pourtant... elles peuvent tout à fait exercer des métiers réputés difficiles en y étant encouragées.

« Les femmes n’entrent pas dans les usines »  : voici ce que j’entends sur BFM business le 17 novembre dernier. Dans son émission « Good Morning Business », Stéphane Soumier relate avec l’économiste Jean-Marc Daniel, professeur à l’ESCP Europe, les chiffres d’une étude de l’INSEE sur la remontée du taux de chômage au 3e trimestre 2016. Encore une fois, les femmes sont les premières touchées par cette hausse, en particulier les 15-24 ans. L’étude révèle en effet que le chômage augmente de 2,5 points chez les jeunes femmes tandis qu’il baisse d’un point chez les jeunes hommes.

Les secteurs de l’hôtellerie et du tourisme, qui emploient traditionnellement davantage de femmes, ont vu leur activité fortement impactée par les attentats et, de fait, ne recrutent plus tandis que l’industrie n’a pas été affectée par ces cruels facteurs. Oui, mais voilà, « l’industrie et les femmes, ça fait deux »,  observaient nos chroniqueurs radio. Si les moyennes statistiques donnent raison à leur analyse, il existe pourtant des contre-exemples dont – hélas – les médias parlent peu, sans doute faute d’en connaître l’existence.

L’histoire inspirante d’une fonderie du Lot

Laissez-moi vous raconter l’histoire étonnante de la fonderie d’aluminium DIACE, une PME nichée au cœur de Vayrac, charmant village du Lot, qui compte environ 600 habitants. Ce n’est pas une technopole. Le village n’abrite pas non plus à ma connaissance un quelconque incubateur ni un centre de co-working même s’il s’en développe aussi dans nos campagnes. Vayrac abrite pourtant une entreprise qui pourrait en inspirer bien d’autres dans toute la France.

DIACE, premier employeur de la commune, a en effet démontré que les femmes ont toute leur place dans des postes traditionnellement occupés par des hommes. Cette fonderie fournit les plus grands noms de l'industrie depuis près de 30 ans avec un chiffre d'affaires réalisé dans des secteurs comme l’automobile, l’aéronautique, le bâtiment, les biens d'équipement industriels. Créée en 1977 par Jean-Paul Hède, l'entreprise est dirigée depuis 2010 par son fils Matthieu. Or, jusqu’en 2012, date à laquelle Generali a remis à DIACE un label d’excellence en matière de maîtrise des risques et de Responsabilité Sociale et Environnementale (RSE) , Matthieu faisait de la RSE comme le Bourgeois Gentilhomme de Molière faisait de la prose : sans le savoir. Et même avec des options sociales parmi les plus exemplaires !

La mixité, des bureaux jusqu’aux ateliers de fonderie

A la suite de difficultés d’embauche de personnel qualifié pour sa fonderie, Matthieu Hède fait un pari assez improbable : celui de miser sur les femmes pour travailler dans ses ateliers. Il fait adapter certains postes de fondeur pour que ses employées, à la force physique moins développée que les hommes, puissent assumer pleinement les tâches. Et depuis plusieurs années, ce pari est gagné : DIACE respecte la parité femmes / hommes, ce qui est très rare dans ce type d’industrie.

Mais ce n’est pas tout. Ce chef d’entreprise inspiré au plan social met aussi en œuvre une politique de reconnaissance de ses salariés, avec notamment la distribution de primes liées à la performance de l’entreprise. Pas si courant que cela dans les PME. Des efforts importants sont également entrepris pour la formation et le développement des compétences des salariés. Et au final, toute l’entreprise s’y retrouve car cette politique se traduit par une grande stabilité des équipes et un turn-over des plus limités.

Les femmes, plus réticentes à prendre des risques

Hélas, tous les chefs d’entreprises ne sont pas aussi éclairés que Matthieu Hède. Les femmes, quant à elles, ne doivent pas se fixer de limites. Or, les études prouvent qu’elles sont leur propres ennemies en la matière ! Ainsi l’étude « femmes et prises de risques » réalisée par Generali en 2014 montre qu’elles hésitent quand les hommes ont bien moins de doute ! Halte aux stéréotypes de carrière : pourquoi se projettent-elles encore trop dans les rôles classiques d’enseignantes (« je veux être maîtresse d’école »)  ou dans le secteur de la mode et de la beauté ? Il nous faut plus de femmes ingénieures, scientifiques, créatrices d’entreprises, dans la FrenchTech … mais aussi plus de femmes dans l’industrie. Et c’est très tôt, dès les premières années qu’il faut leur enseigner qu’il n’y a pas tant que ça de métiers « réservés aux hommes ». Le tout c’est d’essayer !

En plein développement

Aujourd’hui, DIACE est en plein développement. En 2015, la fonderie vient de reprendre deux sites d'une entreprise de peinture, l'un à Albi avec 75 personnes, et un autre à Dijon avec 15 personnes.

Le Groupe DIACE compte au total un effectif d'environ 200 personnes, dont 90 sur le site de Vayrac. Une quinzaine d'embauches est prévue sur le site dans les prochaines années. Son chiffre d’affaires atteint 16 M€ dont 10M€ environ réalisés sur Vayrac. Les exportations représentent 15 à 20 % du chiffre d'affaires avec pour objectif d’atteindre 30 à 40 % de l’activité d'ici 5 ou 6 ans. 

Exemplaire au plan social, DIACE avait aussi mis en œuvre dès 2012 au volet environnemental un programme de réduction des rejets, des déchets mais aussi de la consommation d’énergie et de la consommation d’eau.

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