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Des routes pour recharger nos véhicules

Article publié le 19 décembre 2017

Recharger votre véhicule électrique pendant qu’il roule pourrait devenir réalité dans un futur relativement proche. Des chercheurs et ingénieurs travaillent sur ce projet aux quatre coins du monde.

Paris, décembre 2035. Un voyant rouge clignote sur le tableau de bord de votre toute nouvelle Renault. L’ordinateur du véhicule vous indique que votre batterie électrique est en passe d’être déchargée. En un clin d’œil, vous bifurquez sur la voie verte ad-hoc du périphérique parisien. Et aussitôt, votre voiture commence à se recharger pendant que vous roulez. Un doux rêve utopique ? Pas si sûr. La technologie par induction électronique progresse à grande vitesse. Expérimentée depuis 2010, elle est aujourd’hui testée grandeur nature en Europe, avec l‘appui du programme de recherche Fabric, qui rassemble des partenaires publics et privés de neuf pays. Des tests très avancés ont lieu également à Tel Aviv en Israël (projet ElectRoad), avec l’appui du ministère des transports, et en Corée du Sud, qui fait figure de pionnier dans ce domaine.

Le procédé de l’induction électromagnétique est simple. C’est celui qui équipe les plaques à induction de votre cuisine. Pour l’adapter à l’univers routier, « il suffit » d’installer, sous le bitume, des plaques composites associant des électroaimants et des câbles de cuivre et d’équiper le plancher de votre véhicule de capteurs.

Deux Kangoo électriques testées

Le procédé baptisé OLEV (Online Electric Vehicle) est expérimenté, depuis 2013, sur deux bus actuellement en service dans la ville de Gumi en Corée du Sud. Quelques 23 kilomètres de routes ont été équipés, en des points stratégiques, de systèmes de recharge par induction. OLEV est en passe de devenir tout à fait compétitif. Les coûts de fabrication de ces bus (300 000 euros aujourd’hui) ont en effet baissé de 30 % ces dernières années.

En France, Renault travaille à son propre projet en partenariat avec VeDeCom (Institut de la transition énergétique pour le véhicule décarboné et communicant). Une piste d’essai de 250 mètres, équipée sur un tronçon de 100 mètres de plaques composites enchâssées sous le bitume, a été mise en service sur le site de Satory, près de Versailles. Coût total ? 700 000 euros.

Deux prototypes de Renault Kangoo électriques sont testés depuis deux ans sur cette piste qui permet une recharge dynamique sans contact. Le système permet de recharger 20KW jusqu’à une vitesse de 100 km/h. « Notre objectif est de démontrer à nos partenaires que la technologie est viable et qu’on peut désormais l’amortir », souligne Luc Mabach, directeur général de VeDeCom, actuellement en négociation avec la société d’autoroute Sanef. Le rêve de VeDeCom ? Doter le bon vieux périphérique parisien d’une voie réservée à la recharge des véhicules. À suivre.

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