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De la banque à la danse, un virage en douceur

Article publié le 27 février 2018

À 30 ans, après une dizaine d’années dans le secteur bancaire, Chloé Carreno a tout lâché pour le métier dont elle rêvait enfant : professeur de danse. Un virage radical, mais pris en douceur.

Un appartement à Bordeaux, une carrière qui progresse, un environnement de travail agréable… en 2012, Chloé abandonne tout un confort pour reprendre des études et devenir professeur de danse. « Les gens me disent que c’est courageux, mais je ne l’ai pas vécu comme ça. Pour moi, c’était une nécessité. Je n’avais plus la patience pour exercer dans le milieu de la banque, tenir les objectifs, écouter les besoins des clients. Je suis partie dans de bonnes conditions, avant d’être dégoûtée. Après, cela devient une question de santé, on ne peut pas aller au travail tous les jours avec une boule au ventre. Je suis partie avant d’en arriver là. »

Le changement paraît aujourd’hui spectaculaire, mais la jeune femme ne le voit pas comme ça. « C’est venu petit à petit ». Depuis l’enfance, elle danse. Elle prend des cours et, adulte, intègre une compagnie. Comme une suite logique, mais avec une petite idée derrière la tête, en 2006, elle passe l’examen d’aptitude technique, premier pas vers le diplôme de professeur. Elle continue toutefois à travailler comme conseillère de clientèle dans une agence bancaire. La danse reste cantonnée à ses soirées et ses week-ends. Jusqu’à ce qu’elle ressente une sorte de ras-le-bol. Plus envie. Plus la patience.

« Je n’ai pas changé de vie sur un coup de tête ou dans la colère »

Elle en parle alors avec sa famille, puis au travail avec son supérieur. Tous se montrent très compréhensifs. À la banque, ça n’est un secret pour personne, tous connaissent sa passion et son engagement. Elle part alors en formation dans le cadre d’un Fongecif*, afin de préparer le diplôme d’État de professeur de danse.

Pour compenser la perte de revenus durant les deux ans que dure la formation, Chloé vend alors son appartement bordelais, et retourne s’installer chez ses parents, en région lyonnaise. Le changement est radical, sans pour autant être violent. « Ça a pris du temps, mais une fois le projet amorcé, ça a été très rapide. Ça n’est pas quelque chose que j’ai fait dans la colère ou sur un coup de tête. Cela s’est fait au fur et à mesure, et c’est aussi pour cela que mon entourage l’a bien accepté. Ma famille, mes amis, tous m’ont soutenue et m’ont fait savoir qu’ils m’aideraient autant que possible ».

« J’ai le luxe de faire tous les jours ce que j’aime »

La jeune femme reconnaît que ce changement compte des avantages et des inconvénients. « Financièrement, c’est bien plus avantageux d’être salarié ! En tant qu’autoentrepreneur, je sais que ma retraite sera toute petite, mais je considère que j’ai le luxe immense de faire tous les jours ce que j’aime. »

Mais à la question « et si c’était à refaire ? », la réponse fuse sans hésitation : « oui ! ». Quant aux projets d’avenir, ils tiennent en peu de mots : « Danser le plus possible, montrer et transmettre encore longtemps ». Pour cela, Chloé aimerait disposer d’une salle pour donner ses cours, et ne plus passer autant de temps dans sa voiture pour aller d’un site à l’autre. Monter son école de danse : en voilà, une nouvelle aventure !

*Fongecif est un organisme qui accompagne les salariés dans leurs changements professionnels, en les aidant à financer des bilans de compétences, des formations…

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