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Isabelle Desplats, entre changement individuel et transformation sociétale

Article publié le 27 mars 2018

Après un burn-out, Isabelle Desplats a amorcé un changement de vie radical. L’ancienne directrice commerciale aide désormais des personnes, acteurs du changement, à réussir leur métamorphose.

Ses débuts sont classiques. Isabelle Desplats fait une école de commerce et un DESS de ressources humaines, avant d’intégrer une entreprise d’informatique de gestion où elle occupe, successivement, le poste de chef des ventes puis celui de directrice commerciale. A l’âge de vingt-six ans, elle fait un burn out. « J’étais grillée, souligne-t-elle, Je n’avais plus de ressort, plus d’élan de vie. » Après un travail personnel d’introspection qui lui permet de prendre conscience de l’écart entre ce que à quoi elle aspire et ce qu’elle vit, elle parvient à clarifier ses aspirations. L’humain figurera désormais au centre de ses engagements.

Déracinement

Elle décide alors de partir vivre dans les Alpes de Haute-Provence pour travailler, en milieu rural, dans le développement local. Elle intègre un centre mariant l’art, l’artisanat et l’agriculture. C’est là, en 1999, qu’elle rencontre Pierre Rabhi et ses écrits. « En lisant Le recours à la terre, j’ai compris que le déracinement que nous vivions, la coupure de notre lien avec la terre, avait eu des conséquences incalculables sur l’être humain. Et sur le modèle de développement de nos sociétés modernes, fragilisées par une fuite en avant vers le progrès technique. » En 2000, elle adhère à l’association « Terre et Humanisme » et organise des stages et partenariats avec des entreprises pour financer des projets menés en Afrique.

En parallèle, elle continue à tracer son propre chemin et se forme à la communication non-violente (CNV), un mouvement créé par le psychologue américain Marshall Rosenberg. « J’avais alors en main les deux messages que je voulais porter : celui de l'écologie humaniste de Pierre Rabhi et celui de l'écologie relationnelle de Marshall Rosenberg », raconte-t-elle.

En 2006, Pierre Rabhi lance un mouvement citoyen, les Colibris, dont elle devient vice-présidente, puis présidente, avant d’occuper un poste de directrice opérationnelle du mouvement jusqu'en 2015.

Réussir sa métamorphose

En 2011, Isabelle crée un centre de formation destiné à accompagner des personnes et des groupes dans la mise en place de projets humanistes. Elle s’appuie notamment sur la communication non-violente. « Il s’agit, explique-t-elle, de passer d’une posture réactive (plainte, soumission ou agressivité et colère) à une posture créative (centrage, responsabilité, leadership coopératif) pour concrétiser ses rêves tout en incarnant ses valeurs ».

Aux côtés des Colibris, elle réfléchit, ces dernières années, aux moyens de lever les freins au changement. Les pistes proposées par le mouvement ? « Inspirer, montrer et faire savoir que le changement est possible. Acquérir les compétences nécessaires aux métiers émergeants et se relier aux autres en mutualisant nos forces dans des projets porteurs de sens », conclut-elle tout sourire.

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