Aller au contenu principal

L’ancien courtier en assurance qui préférait fabriquer du pain bio

Article publié le 24 avril 2017

Rejetant une vie qu’il estimait « écrite d’avance », Alexandre Ricard a abandonné son métier de courtier pour tracer son propre sillon, autour d’un projet de vie en lien avec la nature.

Alexandre Ricard n’aura pas porté longtemps le costume-cravate de courtier en assurance. Même s’il gagne alors très bien sa vie, le jeune homme se sent en décalage avec ses aspirations et tourne le dos à une trajectoire qu’il juge « toute tracée ». Je suis issu d’un milieu bourgeois et traditionnel de Lyon. J’avais donc un très bon réseau pour étoffer mon portefeuille clients. Mais, au contact de ces personnes très aisées, j’ai constaté que l’argent ne les rendait pas forcément plus heureuses. Et, personnellement, je ne souhaitais pas suivre ce chemin et m’éteindre en route, explique-t-il.

Moins de deux ans après ses débuts professionnels, Alexandre décide donc de tout plaquer et se lance dans un tour du monde. Nous sommes en 2011. S’ensuivent plusieurs années de petits boulots dans le bâtiment, un job de professeur de kitesurf au Maroc, un poste de boulanger… et beaucoup de vacances. Alexandre Ricard met ce temps à profit pour réfléchir et rédige même son autobiographie intitulée « Tout est possible ». C’est un carnet de route qui explique ma quête intérieure, résume-t-il. Cet exercice est salutaire : Alexandre acquiert la conviction profonde que sa place est au milieu de la nature.

Ses pérégrinations le mènent, début 2016, à la ferme Benico Bio dans les Landes. Arrivé comme woofer – il échange repas et logis contre sa main d’œuvre – il  s’épanouit au sein de cette nouvelle famille et trouve sa place en fabriquant du pain pétri à la main. La demande est au rendez-vous. Nos produits se vendent bien sur les marchés et au magasin. Nous venons juste d’installer notre four à pain et j’ai envie de développer l’offre avec des pizzas, des bruschettas, s’enthousiasme le nouvel artisan boulanger, qui compte bien s’ancrer durablement dans le secteur de Mimizan.

 En France, l’agriculture biologique représente plus de 1,5 millions d’hectares cultivés en 2016, soit une augmentation de 17 % par rapport à 2015 : 1 million d’hectares sont déjà certifiés bio et près de 500 000 en conversion.
 

Grâce au lien social très fort entre les membres de la communauté, Alexandre espère trouver des terres pour développer des activités variées. La boulange et le maraîchage font partie de ses envies, mais pas seulement. Je veux également apporter une dimension artistique à mon projet par la musique, la sculpture sur bois…, précise-t-il. Et pas question d’aller frapper à la porte des banques pour concrétiser son rêve. Il mise plutôt sur la solidarité et le financement participatif. Je veux montrer qu’il ne faut pas forcément beaucoup de moyens pour démarrer une activité, justifie le futur entrepreneur.

Aujourd’hui âgé de 34 ans, Alexandre Ricard vit dans un camping-car avec très peu de biens matériels, mais dit n’avoir jamais été aussi heureux. Pourtant, tout n’a pas été simple. C’est pour donner du courage à d’autres que je témoigne, confie-t-il. Pour se remettre à rêver, le plus dur a été d’affronter son entourage : « Ma famille et mes amis me demandaient comment j’allais faire pour vivre, comment j’allais gagner de l’argent... J’étais alors seul face à cette masse et à ces questions ; j’étais déstabilisé et j’avais peur. Et puis j’ai rencontré le milieu alternatif. Ce qui a convaincu Alexandre  que « Tout est possible ».

Tags associés :