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Du service juridique au repas-minute : le fol appétit d’Anthony

Article publié le 13 mars 2018

Après un parcours classique, Anthony Bourbon a tout plaqué pour monter Feed, start-up de « smartfood » spécialisée dans les repas-minute. Il n’est jamais trop tôt pour opérer un changement de vie !

Il émane du jeune homme un appétit de vivre qui semble ne connaître aucune limite. C’est d’ailleurs précisément cette volonté de « plus » qui a inspiré son changement de vie. À 27 ans, après des études de droit, Anthony Bourbon se retrouve à la direction juridique d’un grand groupe parisien. Derrière un ordinateur toute la journée, assigné à des tâches précises et tous les jours semblables, il s’ennuie. « En parallèle, je continuais à mener des affaires que j’avais commencées quand j’étais étudiant. Comme ma famille ne pouvait pas me soutenir financièrement, j’avais trouvé une solution : j’achetais des voitures en Allemagne pour les revendre en France. Je suis ensuite passé à l’immobilier. On achetait des terrains trop petits pour intéresser les gros promoteurs et on les revendait. Tout ça me plaisait beaucoup. Là, il y avait de l’excitation, du panache ! »

Un nouveau terrain de jeu

Chaque minute compte pour mener de front toutes ces activités. Pour gagner du temps dans sa journée, il bricole des repas à avaler rapidement devant son ordinateur. Ses collègues de bureau lui demandent ses recettes : ils veulent eux aussi gagner du temps sur la pause méridienne. Le jeune entrepreneur tient là son futur terrain de jeu. Les repas en poudre, sortis de la niche des régimes ou des entraînements de sportif, voilà son pari. Il s’entoure de nutritionnistes, d’ingénieurs avec qui il met au point des recettes diététiquement équilibrées, vegans, sans lactose et sans gluten.

En juillet 2016, Feed est officiellement lancé. En janvier 2017, les premiers produits sont disponibles dans les commerces. Entre janvier 2017 et janvier 2018, la jeune start-up lève 3,5 millions d’euros. Elle emploie aujourd’hui 30 salariés. « Nous avons 95 % de CDI. Hors de question de fonctionner uniquement avec des stagiaires sous-payés. Je veux que les personnes ici soient à 100 % dans l’aventure ! Je ne veux surtout pas reproduire la mauvaise ambiance des grands groupes, avec des gens déprimés à l’idée de rester dans un bureau toute la journée. Les missions sont le plus transversales possible, avec beaucoup de rendez-vous à l’extérieur. Je veux que les gens puissent s’épanouir humainement dans leur travail. »

Une reconversion assumée avec bonheur

Le bilan de cette aventure ? « Je ne regrette pour rien au monde ! J’aurais pu mener une vie aussi confortable, voire plus, dans un grand cabinet. Mais écrasé humainement, sans responsabilité… Je préfère largement travailler comme aujourd’hui ! ». Quitte à voir sa vie personnelle réduite à la portion congrue. Un choix qu’il ne regrette pas : « Il faut savoir à certains moments se donner à 100 %. Comme on dit, il n’y a que dans le dictionnaire que le succès arrive avant le travail ! Tout ça n’est possible que parce que je m’amuse dans ce que je fais. Et j’ai la chance de faire des rencontres incroyables. »

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