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Devenu maréchal-ferrant, Charles a trouvé chaussure à son pied

Article publié le 06 mars 2018

Le métier de maréchal-ferrant apporte un nouvel équilibre à Charles Delolme. Si l’artisan ne nie pas les difficultés de la reconversion et du travail physique, il retient la liberté absolue et le bonh

Un travail pénible et pesant, le stress et les bouchons de la ville, une effervescence malsaine… Les termes choisis par Charles Delolme pour évoquer son ancienne vie traduisent bien une forme de lassitude. Plutôt que de subir un mode de vie qui ne lui correspond plus, il préfère tourner la page. « En 2013, j’ai démissionné de mon poste de responsable d’exploitation d’un centre de recyclage de déchets en banlieue lyonnaise », raconte Charles, titulaire d’une licence en Logistique et Transport. Il rebondit alors avec un projet de tour du monde en bateau.

La révélation

« De retour en France, j’ai été accueilli à la campagne dans une sorte de ranch », explique-t-il. Un moment clé qui conditionne la suite de son parcours en lui permettant de trouver sa nouvelle voie. Épris de nature et passionné par les chevaux, Charles démarre une formation d’un an en alternance pour devenir maréchal-ferrant. Découvrir un nouveau milieu, repartir à l’école à 30 ans passés, apprendre un métier très physique… tout est loin d’être simple, mais Charles s’accroche.

Mi-2015, il s’installe en Saône-et-Loire comme maréchal-ferrant itinérant. En se retournant pour mesurer le chemin parcouru, l’artisan analyse son parcours avec justesse. « Il faut être patient et persévérant, mais aussi faire preuve d’abnégation et d’humilité. Et puis une reconversion, c’est toujours plus long que prévu. Il faut être prévoyant. », conseille-t-il.

Les chevaux sont un miroir

Après plus de deux ans à son compte, le maréchal-ferrant a réussi à se faire connaître et à se constituer une clientèle grâce au bouche-à-oreille. Dans un rayon de 100 kilomètres autour d’Ozolles, où il vit, Charles part tous les jours à la rencontre de particuliers propriétaires de chevaux.

Pour décrire son quotidien, il parle d’un travail très dur mais gratifiant : « Il faut être costaud pour aller au contact d’une bête d’au moins 500 kg. Le feeling est aussi très important. Ces animaux ressentent vos peurs ou vos joies. J’ai l’habitude de dire que les chevaux sont un miroir ». S’il faut user de psychologie avec les chevaux, c’est aussi le cas avec les clients, dont il faut gérer les angoisses et les questions. Aujourd’hui, entre 5 et 10 chevaux passent chaque jour entre les mains expertes de Charles.

Une liberté totale

Le maréchal-ferrant ne reviendrait pour rien en arrière mais se montre lucide sur les difficultés de son activité. « Évoluer en pleine nature et être son propre patron, c’est bénéficier d’une liberté totale. Mais ça signifie également être seul pour s’occuper de la paperasse, être plus exposé aux aléas, payer beaucoup de charges et gagner moins bien sa vie », confie-t-il. Pas de quoi lui faire faire marche arrière pour autant.

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