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La ville de demain en marche avec les pas perdus

Article publié le 15 septembre 2017

Marcher est bon pour la santé et la planète. Et si nos pas pouvaient nous emmener plus loin, jusqu’à produire de l’énergie pour alimenter les villes ?

Produire de l’énergie en marchant devient peu à peu une réalité. Comment ? Par la transformation de l’énergie cinétique, c’est-à-dire l’énergie liée au mouvement du corps, en énergie mécanique.
 

Sur le parvis de la gare de Saint-Omer, 14 dalles podo-électriques ont été installées en 2014. Foulées par quelque 5 000 personnes par jour, ces dalles permettent d’alimenter en énergie un système d’éclairage LED et des ports USB de recharge.

Un autre dispositif est en fonctionnement depuis 2015 dans les bureaux parisiens du département Recherche et innovation de la SNCF, où 6 dalles alimentent un bandeau lumineux d’ampoules LED dans un couloir.

Ces deux projets ont été développés en partenariat avec la société britannique Pavegen, qui a également réalisé des installations dans des rues, aéroports, enceintes sportives, magasins… à Londres, Washington ou encore Rio de Janeiro.

Le principe est simple : la pression exercée par le pied enfonce légèrement la dalle montée sur ressorts et équipée d’un mini-générateur. L’impact est ensuite converti en électricité. Cette énergie peut être stockée et restituée la nuit, par exemple, pour l’éclairage par réverbères LED. « Les pas que vous faites le matin pour vous rendre au travail peuvent vous permettre d’éclairer votre trajet retour le soir », s’enthousiasme Laurence Kemball-Cook, président-fondateur de Pavegen.

Si les initiatives se multiplient aujourd’hui, c’est Toulouse qui a été pionnière dans ce domaine. En 2010, la Ville avait mené une expérimentation en première mondiale grâce à un dispositif de l’entreprise hollandaise Sustainable Dance Floor. À l’origine, le système était utilisé en boîte de nuit pour éclairer le dancefloor ! Dans la ville rose, ce sont 8 mètres de dalles qui transformaient les va-et-vient des piétons en électricité pour alimenter un lampadaire. Un an plus tard, Toulouse renouvelait l’expérience, en collaboration avec la start-up Viha Concept. Pendant 4 mois, deux bandes de dalles ont été déployées sur l’esplanade d’un axe très passant.

L’intérêt des collectivités pour les dalles podo-électriques s’explique notamment par une réalité économique : cet équipement, innovant et écologique, permettrait de réduire la facture de l’éclairage urbain.