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Quand boire de la limonade permet de lutter contre la pauvreté

Article publié le 18 septembre 2017

À Hambourg, la start-up Lemonaid produit des limonades biologiques et équitables. Et finance des projets durables dans des pays en développement. Une initiative rafraichissante et citoyenne.

Début 2005, l’humanitaire Paul Bethke part en mission au Sri Lanka, dévasté quelques semaines plus tôt par le tsunami meurtrier du 26 décembre. Quelques mois après, il revient dans sa ville de Hambourg. Frustré. « Les fonds récoltés par l’organisation pour laquelle je travaillais étaient à mes yeux mal gérés. Trop d’argent partait dans des projets peu efficaces ou mal adaptés », rapporte-t-il. Économiste de formation, Paul cherche alors à concilier esprit d’entreprise et responsabilité sociale.

Trois amis et une table de cuisine

Avec l’aide de ses amis Jakob Berndt, expert en marketing, et Felix Langguth, consultant en entreprise, il met sur pied le concept d’une limonade bio et solidaire. Idée suffisamment convaincante pour que les autorités de la ville portuaire leur accordent un prêt de 800 000 euros. Et c’est en 2009, autour d’une table de cuisine, que les premières bouteilles partent à la vente. 

« Tous nos ingrédients proviennent exclusivement de petits producteurs qui travaillent en bio et sont organisés en coopératives. Ces dernières sont certifiées commerce équitable, fair-for-life », explique-t-il. Ce qui signifie ? Concrètement, que Lemonaid garantit aux producteurs un revenu minimum, plus élevé que celui pratiqué par le commerce conventionnel, et indépendant des fluctuations du marché. Cette juste rémunération permet aux agriculteurs de développer leurs activités sur le long terme et d’améliorer leur niveau de vie.

Soutenir des projets qui encouragent l’éducation et l’économie durable

Pour Lemonaid, le bio garantit la qualité du produit, ce qui explique son rapide succès. Mais pas seulement. Boire pour rendre le monde meilleur est également un geste très séduisant pour les consommateurs. La preuve en chiffres : sur chaque bouteille vendue 1,79 € en Allemagne, 5 centimes sont prélevés pour financer des projets solidaires. Fin 2016, plus d’1,2 million d’euros ont ainsi pu être récoltés.

« Nous utilisons deux critères dans le choix de nos projets : l’éducation et l’aide à la création d’activités économiques durables », poursuit Paul Bethke. Un exemple ? La construction d’un établissement scolaire agricole au Paraguay, qui enseigne les principes d’une agriculture respectueuse de l’environnement. Environ 80 élèves y suivent déjà une formation qui leur assurera une source de revenu correcte et stable.

Pour cet ancien humanitaire, « c’est cela, notre fil conducteur : promouvoir l’autonomie financière pour sortir de la pauvreté ».

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