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Les Repair cafés pour lutter contre l’obsolescence programmée

Article publié le 23 novembre 2017

Pieds de nez au "tout-jetable" et à l’obsolescence programmée, les Repair Cafés permettent aussi de se réapproprier des savoir-faire oubliés. En moins de dix ans, ils ont essaimé dans le monde entier.

« Jeter ? Pas question ». C’est la devise de l’association Repair Café France, créée en 2014 sur les bords de Seine, quelques années après la naissance du tout premier Repair Café, en 2009 à Amsterdam, sous l’impulsion de Martine Postma, une militante écologiste. En 2017, on en dénombre près de 1 400 dans le monde entier, répartis sur les cinq continents.

Donner aux objets une nouvelle jeunesse

« Ici, on réapprend aux gens à réparer les objets au lieu de les jeter », explique en souriant Pascale Dey, fondatrice du Repar’Sel – le Repair Café de Bois-le-Roi (Seine-et-Marne). Dans cette commune des bords de Seine, les « Sélistes » peuvent venir faire réparer ordinateur défectueux, cafetière à bout de souffle et grille-pain cabossé. Ou encore donner une nouvelle jeunesse à leur pardessus préféré.

En plus de donner une seconde vie aux objets, les Repair cafés permettent de se réapproprier des savoir-faire oubliés. A Bois-le-Roi, les habitants peuvent découvrir comment aiguiser leurs vieux couteaux ou réparer le pneu crevé de leur bicyclette.

À quelques kilomètres de là, le Repair Café du Sel des Écluses ouvre ses portes un dimanche après-midi par mois. Il est abrité dans une salle communale plantée à l’ombre de l’église d’Écuelles (Seine-et-Marne). « En hiver, il arrive que certaines personnes viennent juste pour se changer les idées », observe Monique Béhar qui n’oublie jamais d’apporter des gâteaux, du thé et du café.

Des participants aux profils variés

Les motivations des participants peuvent être sociales, financières ou environnementales. En 2015, les Repair Cafés auraient permis d’éviter 200 000 kilos d’émissions de CO2 dans le monde.

Ces activités bénévoles et gratuites font-elles de l’ombre aux réparateurs professionnels ? « Pas du tout, car les personnes qui participent aux Repair Cafés ne sont pas des clients des réparateurs. Elles avaient au contraire tendance à jeter immédiatement leurs objets cassés ou abîmé », souligne Guy, un habitué du Repar’Sel.