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L’Irlande, 1er pays à ne plus investir dans les énergies fossiles ?

Article publié le 09 mars 2017

Le Parlement irlandais a voté une loi qui engage le pays dans le financement de l’économie verte. Cette initiative propulse l'Irlande en tête des États dans la lutte contre le changement climatique.

Une mesure "historique", selon la presse irlandaise. D’une part, elle freine l’expansion d’un secteur industriel responsable du réchauffement de la planète. De l’autre, elle contribue à l’essor d’une économie bas-carbone, c’est-à-dire qui émet de très faibles émissions de CO2.

Pour le député Thomas Pringle, à l’initiative du projet, le texte envoie un message clair aux entreprises les plus productrices d’émissions de gaz à effet de serre : « Le monde ne tolère plus leurs continuelles manipulations de la science climatique, leurs remises en cause de l’existence du changement climatique et leurs lobbyismes controversés ». Parce que le changement climatique est déjà une réalité et qu’il faut y apporter une solution.

Adhésion du monde de la finance

C’est peut-être surprenant, mais les parlementaires irlandais disposent du soutien de certains poids lourds du monde de… la finance ! « Le changement climatique présente un certain nombre de risques pour les investisseurs », explique ainsi Ian Halstead, consultant chez L&P Investment Services à Londres. « Retirer ses actifs des énergies fossiles pour les réinvestir dans les énergies vertes et les solutions environnementales permet de mieux gérer ces risques ».

 Retirer ses actifs des énergies fossiles pour les réinvestir dans les énergies vertes et les solutions environnementales permet de gérer les risques liés au changement climatique
 Ian Halstead, consultant chez L&P Investment Services (Londres)

L’économie verte, un levier en faveur du climat

Quand les investisseurs décident de financer la transition vers une économie bas-carbone, ils choisissent d’investir dans des activités ayant un bénéfice environnemental mesurable. Il peut s’agir :

  • d’infrastructures d’énergies renouvelables, comme des parcs éoliens ou solaires,
  • de green bonds, c'est-à-dire des émissions obligataires que lancent des entreprises, des organisations internationales ou des collectivités locales sur les marchés financiers pour financer un projet ayant un impact positif sur l’environnement,
  • de programmes d’efficacité énergétique.

De plus en plus d’acteurs du monde économique, politique et de la société civile se mobilisent pour protéger le climat. À l’image de Dublin, où, en 15 mois, près de 700 institutions et 60 000 personnes contrôlant plus de 5 milliards d’actifs ont rejoint la campagne DivestInvest pour le désinvestissement des énergies fossiles.

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