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Libérer l’entreprise

Article publié le 13 février 2018

Psychologue et professeur en management, Isaac Getz prône la libération de l’entreprise. Liberté d’initiative et responsabilité du salarié, offrent à l’entreprise de nombreux bénéfices collatéraux.

Dans l’entreprise libérée, la majorité des salariés jouissent d’une liberté et d’une responsabilité complètes pour entreprendre une action qu’eux-mêmes estiment être la meilleure pour l’entreprise.

Dans les entreprises classiques, la responsabilité est donnée aux supérieurs. En conséquence, l’initiative et le potentiel de la majorité des salariés ne peuvent pas s’exprimer pleinement.

Il n’existe pas de modèle d’organisation d’une entreprise libérée : du nombre de niveaux hiérarchiques ou de la procédure du comptage d’heures. Mais un mode d’organisation fondé sur cette philosophie aura moins des contrôles qu’un système fondé sur la méfiance et la subordination. Chaque entreprise devra articuler cette philosophie dans son contexte culturel et humain.

Très souvent, le frein principal réside dans la difficulté des patrons à lâcher prise. On ne peut pas dire à un salarié « je fais confiance à votre intelligence » et, dans le même temps, intervenir constamment pour diriger son travail. Le changement de posture pour les patrons est difficile, mais tout à fait possible ; je l’ai observé chez beaucoup de personnes. Pour certains salariés aussi, cela peut être compliqué d’abandonner la position d’exécutant, par peur de l’échec et de sanction, par exemple. Toutefois, l’expérience montre que cela ne concerne qu’une minorité de salariés. La majorité accepte de sortir du rôle qui lui est imposé dans l’entreprise classique.

L’entreprise fonctionne mieux lorsqu’elle est libérée, comme le démontrent les indicateurs de performance. Elle satisfait davantage les besoins fondamentaux des salariés, en faisant de leur lieu de travail un espace qui leur est naturel et où, par conséquent, ils ont envie de venir chaque jour et de donner le meilleur d’eux-mêmes. De là naîtront des bénéfices collatéraux, à savoir de meilleures performances.

Tout cela n’est pas simple, le chemin d’une transformation de l’entreprise prend plusieurs années. Rien d’insurmontable toutefois ! La preuve : la France est le pays qui compte le plus grand nombre d’entreprises, ou même d’administrations, en chemin de libération : Michelin, Airbus, Décathlon, plusieurs CPAM…

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