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Patricia Gros-Micol dépasse les différences

Article publié le 16 novembre 2017

La dirigeante d’Handishare n’emploie que des salariés en situation de handicap. Son initiative démontre qu’engagement sociétal et réussite économique ne sont pas antinomiques !

L’entreprise dirigée par Patricia Gros-Micol repose sur un business model atypique.

Certains événements meurtrissent les chairs mais restent aussi gravés, d’une autre manière, au plus profond de soi. C’est le cas de l’accident de train dont a été victime, à l’adolescence, Patricia Gros-Micol et qui lui a endommagé la colonne cervicale. Cette tragédie aux séquelles invisibles sera le point de départ de son aventure entrepreneuriale, quelques années plus tard.

Aider les travailleurs handicapés

Pendant 25 ans, cette diplômée d’une école de commerce mène un parcours sans faute à des postes en ressources humaines, marketing ou gestion. Brusquement, au milieu de la quarantaine, elle est licenciée. Patricia s’interroge alors sur la suite de sa carrière et décide d’être davantage en adéquation avec ses valeurs. « J’avais toujours eu envie de créer mon entreprise et je voulais un projet avec du sens. En me penchant sur la question du travail et du handicap, j’ai pris conscience des difficultés de reconversion des personnes touchées par un accident de la vie », raconte-t-elle. Elle-même reconnue travailleur handicapé, elle n’a jamais fait valoir cette reconnaissance. Mais elle sait que certaines personnes sont plus marquées physiquement et rencontrent des difficultés à se former à un nouvel emploi.

Après avoir validé son projet entrepreneurial auprès de réseaux comme Force Femmes et Réseau Entreprendre, Patricia crée Handishare fin 2011. L’entreprise propose des services d’assistance aux fonctions support comme les ressources humaines, les achats, la comptabilité… et emploie 100 % de salariés en situation de handicap.

Aujourd’hui, la PME lyonnaise de 24 collaborateurs travaille pour de grands groupes comme Total, Veolia, Manitowoc, Schneider Electric et devrait réaliser 800 000 € de chiffre d’affaires cette année, tout en affichant une bonne rentabilité. « J’ai fait le pari de miser sur les prestations intellectuelles et d’aider les personnes handicapées à se reconvertir et à monter en compétences », explique la dirigeante. Le chemin n’est pas exempt d’obstacles, mais son optimisme et son amour des autres lui permettent de les dépasser. « Il a fallu s’adapter au délai d’obtention de l’agrément Entreprise adaptée », se souvient-elle.

La passion de l’humanitaire

Très investie dans l’humanitaire à titre personnel, Patricia relaie son engagement à l’échelle de l’entreprise. Avec l’enthousiasme et la bonne humeur qui la caractérisent, elle a embarqué ses salariés et clients dans un projet à Madagascar baptisé Madashare. « Nous soutenons la construction d’écoles grâce à la vente d’un livre, « Entre terre et mer », qui a déjà permis de récolter 50 000 € », fait savoir l’entrepreneure sociale.

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