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Associer le handicap aux technos et à l'innovation

Article publié le 19 octobre 2016

Aider à l’autonomie, changer le regard sur le handicap, concilier solidarité et technologie 3D, tels sont les objectifs d'Enable France. Rencontre avec son fondateur, Thierry Oquidam.

Dans quel contexte est née l’association Enable ?

Je vais vous raconter l’histoire… Il était une fois la rencontre entre un charpentier sud-africain qui avait perdu l’usage de sa main et un américain passionné de technologie et d'art Steampunk qui décida de lui fabriquer une prothèse. Une première version satisfaisante, faite de métal et de boulons, fut très vite remplacée par un prototype réalisé en 3D pour répondre au besoin d’un petit garçon né sans doigts. Leur volonté de partager avec le plus grand nombre les décida à publier les plans de l’appareil en open source, puis créer e-Nable, en 2013. De l’autre côté de l’Atlantique, je me suis intéressé à ces nouvelles technologies et le potentiel créatif du projet m’a impressionné. J’ai adapté le modèle pour créer une main de super héros en respectant un dessin fait par le petit Maxence. Un engouement médiatique a eu lieu et les demandes ont afflué ! Pour apporter un cadre structurant à ces réalisations, nous avons créé, avec l’aide de quatre camarades, l’association Enable France. Et à présent, nous comptons 180 makers et bénévoles.

 Lorsqu’on est valide, on ne se rend pas toujours compte de l’impact du handicap sur le quotidien.
 Thierry Oquidam, fondateur d'Enable

De quelle façon le Prix Atout Soleil peut–il vous aider à développer vos projets ?

Nous souhaitons lancer le projet « Famille & relais ». Il s’agit d’équiper en imprimantes 3D les familles d’enfants nés avec une agénésie. Le but ? Les rendre autonomes dans la fabrication d’une nouvelle main mécanique lorsque l’enfant grandit. Nous avons identifié des parents volontaires et motivés en qui nous avons confiance car c’est un suivi engageant. Ces makers  deviendront en quelque sorte des ambassadeurs e-Nable. Ils seront à même de transmettre des messages de sensibilisation au handicap et de l’associer aux technologies, à la créativité, au ludique. Ces « mini-centres de production locale » nous aideront à répondre aux besoins des enfants. En plus des makers  traditionnels, notre association s’orientera aussi vers une démarche d’équipement et d’accompagnement des familles, pour les former au logiciel et à la fabrication des mains.

Quelles sont les rencontres qui, au sein d’Enable France, vous ont le plus marqué ?

Le soutien de nos partenaires et les contributions de nos makers  nous portent, c’est précieux. Et le lien qui nous unit aux enfants est très riche. C’est extraordinaire de pouvoir contribuer à leur mieux-être. Lorsqu’on est valide, on ne se rend pas toujours compte de l’impact du handicap sur le quotidien. Pour un enfant, rouler à vélo procure un plaisir énorme. On imagine la frustration d’un enfant agénésique qui, ne pouvant tenir un guidon, ne se sent pas « comme les autres ». Léon, par exemple, m’a rappelé la valeur d’un geste apparemment anodin. Lorsque nous l’avons équipé, son premier sourire était celui de la victoire : celle de pouvoir jouer avec un tube à bulles de savon. Eh oui, souvenez-vous qu’il faut deux mains pour profiter de ce jouet…

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