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Big data et open data : de formidables opportunités pour l’économie sociale et solidaire

Article publié le 02 mai 2016

Avec le big data et l’open data, ce sont des millions d’informations numériques d’intérêt général qui sont désormais accessibles à tous. Quel rôle pour l'économie sociale et solidaire ?

L'open data (ou ouverture des données) est un mouvement qui a vu le jour dans les pays anglo-saxons et qui ne cesse de s’amplifier dans le monde démocratique. Il consiste à rendre publiques, librement accessibles et réutilisables par tous, des informations d’intérêt général dont sont détenteurs les acteurs publics ou privés. Le but est de former et d'informer les citoyens sur de multiples sujets jusqu’ici réservés aux spécialistes (droit, finance…).
L’ensemble des données produites par les internautes, transportées, accumulées et analysées constituent quant à elles ce qu’on appelle le « big data ». Majoritairement détenues par de très grosses entreprises, on les évoque sous le terme « d’or noir » du XXIe siècle.

L’économie sociale et solidaire face à la multitude de données

L'économie sociale et solidaire (ESS) regroupe des entreprises, associations, mutuelles ou fondations qui cherchent à concilier activité économique, solidarité et utilité sociale. Elle est concernée à plus d'un titre par le big data et l'open data. En effet, elle a tout intérêt à éviter la privatisation et la monétisation de données d’intérêt général par de grands groupes, et à s’assurer que les citoyens sont prémunis contre les dérives du big data, telles que la vente de données personnelles. Par ailleurs, les associations ou fondations qui détiennent aussi des données concernant le grand public commencent à les diffuser et à les exploiter à des fins sociales et solidaires. Citons par exemple l'association Regards citoyens, à l'origine des sites Nos Députés,  Nos Sénateurs, Nos Finances Locales ou La Fabrique De La Loi. Son objectif est de « proposer un accès simplifié au fonctionnement des institutions démocratiques à partir des informations publiques ». Nos Finances Locales permet ainsi de comparer les données financières d'une ville avec les moyennes en France, sur une échelle de temps modulable.

Collaborer pour mieux informer

Regards Citoyens travaille d’ailleurs avec un autre acteur majeur de l’open data appliquée à l’ESS : la fondation OpenStreetMap (OSMF). Avec sa carte du monde librement accessible et modifiable, elle soutient et encourage le développement de données géospatiales. Cette carte permet notamment de repérer des bâtiments publics, des distributeurs automatiques, des pharmacies ou encore des arrêts de bus. La base de données est régulièrement enrichie par les particuliers ou les collectivités. Début 2013, le millionième contributeur participant à la réalisation de cette carte mondiale avait été ainsi enregistré.

Des innovations en phase avec les préoccupations des citoyens

Les initiatives de l'ESS pour mieux informer les citoyens grâce à l'open data prennent des formes variées. Ainsi, Open food facts, né en 2012 grâce à un informaticien français, répertorie les produits alimentaires du monde entier pour communiquer leur valeur nutritionnelle ou leur provenance, et aider les consommateurs à choisir leurs produits en connaissance de cause. L'application Qui Dit Miam !, lancée en mars 2017, propose de découvrir les menus distribués chaque jour par la restauration collective, en particulier les cantines des enfants. Elle permet aussi de connaître les allergènes présents dans les plats, les labels des produits utilisés et les fiches techniques des fournisseurs. Cette plateforme associant le bien manger, l'anti-gaspillage et l'open data a reçu le trophée innovation lors du salon Restau-co à Paris, en avril dernier.

L'open data représente un potentiel de progrès non négligeable pour l'économie sociale et solidaire, qui devrait l'exploiter de plus en plus ces prochaines années. En effet, la réutilisation citoyenne des données permet à tous de déceler plus facilement des éléments et des problèmes que les administrations n'auraient pas pu anticiper. Grâce à sa transparence et à la possibilité qu'il offre de prendre des décisions basées sur des faits, ce mouvement pourrait engendrer une nouvelle confiance entre le public et l'administration, les élus ou les entreprises privées.

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