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Des Français en quête de sens

Article publié le 14 juin 2016

La COP21 semble avoir porté ses fruits : le dernier baromètre sur les habitudes de consommation en France montre que la santé, le social et la consommation locale sont au coeur des préoccupations.

L’étude Ethicity-GreenFlex sur la consommation responsable analyse les habitudes des Français depuis 2004. Soutenue par l’Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe), c’est devenu un véritable baromètre pour comprendre les perceptions des citoyens et appréhender le travail de sensibilisation qu’il reste à faire.

Dans le contexte post COP21 où les citoyens ont été particulièrement submergés d’informations relatives au climat et à la nécessité de modifier nos comportements, qu’en est-il ressorti ?

De toute évidence, les efforts n’ont pas été vains au regard d’une prise de conscience des impacts qu’ont nos habitudes de consommation. Malheureusement, cette évolution des mentalités s’accompagne d’une perte de confiance croissante envers les grandes entreprises.

Consommer responsable = consommer autrement

Pour la première fois en 12 ans, la notion de consommation responsable est associée à l’idée de faire des choix plus éthiques et respectueux de l’environnement et non plus simplement moins acheter. Le quantitatif a laissé place au qualitatif, où les notions d’échange et de partage se sont invitées dans le quotidien. Plus encore, il y a une véritable prise de conscience de cesser le gâchis : pour 60% des Français, consommer autrement, c’est ne pas gaspiller ou jeter (+11 points en un an).

Des Français soucieux de leur bien-être

Si la santé et le bien-être des proches sont les principales préoccupations (respectivement 24 et 27%, loin devant le chômage et la précarité, cités par 10% des sondés), ce sont aussi les premiers critères d’achat associés aux produits plus respectueux de l’environnement. L’achat garant de la préservation de la planète arrive loin derrière, cité par 27% des Français.

La santé est donc perçue comme prioritaire dans les choix de consommation, 89% des personnes interrogées choisissant leurs aliments pour rester en bonne santé. Bonne nouvelle : le bien-être animal préoccupe de plus en plus et 38% consomment désormais moins de viande (+5 points en un an).

Vive les locavores

Manger local apparaît désormais véritablement comme un moyen de consommer autrement pour 49% des Français, une progression fulgurante en un an (+14 points). 65% plébiscitent de faire travailler les producteurs locaux, avec une meilleure répartition de la valeur dans la chaîne de distribution.

Jeunes et femmes en tête

Le baromètre montre également un renforcement de l’implication des femmes et des jeunes. 76% des femmes pensent que le développement durable est une nécessité (+6 points en un an) et 75% des 15-24 ans (+8 points). Conséquence : la majorité des 25,6% des Français n’ayant pas changé leurs habitudes de consommation sont des hommes…

Perte de confiance envers les grandes entreprises

Plus les Français sont sensibilisés au développement durable, moins ils accordent de crédit aux grandes entreprises. Depuis le premier lancement de l’étude il y a 12 ans, le taux de confiance n’a quasiment jamais cessé de décroître, passant de 57% en 2004 à… 26% aujourd’hui. Plus grave encore, les PME commencent aussi à être impactées (-1,3 point en un an).

Le principal reproche est le manque de transparence, 16% seulement considérant avoir suffisamment d’information des entreprises sur les conditions de fabrication des produits (+ 4 points en un an). A l’inverse, l’exploitation abusive des données personnelles est sévèrement critiquée : 73% des Français s’en inquiètent et 60% ne sont pas prêts à utiliser des objets connectés pour ces raisons.

L’effet COP21 semble donc avoir porté ses fruits avec une conscience accrue de la population en matière de développement durable. Plus encore, l’étude montre que cette sensibilisation s’accompagne d’une meilleure appréhension des enjeux sous-jacents, qu’il s’agisse des impacts de la pollution et de la qualité des aliments sur la santé, de la distance des lieux de production sur l’environnement… Mais cette bienheureuse prise de conscience les rend moins crédules et plus critiques vis-à-vis des entreprises. Désormais, ces dernières vont devoir renforcer leurs engagements et revoir leur façon de communiquer si elles veulent regagner la confiance des Français.

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