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L’association qui rend l’audition aux plus démunis

Article publié le 20 février 2018

C'est l'histoire de trois amies, qui ont tout quitté pour créer Audition solidarité, une association qui recycle et redistribue des appareils auditifs. Dix ans plus tard, le succès est au rendez-vous.

Des sourires qui naissent, des yeux qui brillent, des larmes qui coulent. Cette vidéo d’Audition solidarité, qui montre des enfants entendre un son pour la première fois, est poignante. Créée il y a dix ans, l’association a changé bien des vies, en redonnant l’audition à des sourds ou à des malentendants. 

Tout est né d’une belle amitié entre trois femmes, Odile Petit, Carole Ercole et Christine Bourget. En 2007, les quadragénaires engagées ont décidé de vendre leurs entreprises respectives pour se lancer dans ce beau projet. Un pari osé, qu’elles n’ont jamais regretté. « Nous étions toutes les trois liées au monde de l’audition : Christine et moi gérions des centres d’audioprothèse, et nous avions rencontré Carole en prenant des cours dans son école de musique. Ces diverses expériences nous ont amenées à établir un constat de manque : les appareils auditifs étaient jetés, gaspillés. Il fallait agir », explique Odile Petit, l’une des trois cofondatrices.

Plus de 2 000 appareils auditifs recyclés en 2017

Depuis, l’association est la seule en France à recycler des appareils auditifs. L’année dernière, Audition solidarité a remis en état 2 031 appareils, à partir des 4 040 envoyés par le grand public. Elle les a ensuite redistribués dans des hôpitaux de Paris et Marseille, aux plus démunis qui n’ont ni couverture sociale, ni aide médicale de l’État. L’équipe se rend par ailleurs régulièrement à l’étranger : sa dernière opération (la 25e !) a permis d’appareiller une centaine d’enfants défavorisés au Vietnam. « Nous ne faisons pas de concurrence au monde de l’audition, tient à préciser Odile Petit. Nous finançons nos actions grâce au soutien de nos 200 mécènes ».

Des ateliers de prévention organisés

Autre challenge de l’équipe, et pas des moindres : elle lutte contre la mal-audition précoce en organisant des ateliers de prévention dans les conservatoires et les écoles. 50 000 musiciens sont ainsi sensibilisés chaque année. « 90 % des enfants que nous rencontrons lors de nos interventions ont déjà entendu des sifflements. Il y a dix ans, c’était 20 %. C’est terrible ! Il faut leur apprendre comment mieux protéger leur oreilles », clame Odile Petit.

De belles missions, auxquelles chacun peut contribuer en faisant don, à son tour, d’un appareil auditif.

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