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Nathalie Avakian, l’avocate au grand cœur

Article publié le 02 novembre 2017

À 36 ans, Nathalie Avakian a déjà vécu plusieurs vies. Après le droit des affaires et la politique, l’ancienne avocate a trouvé sa voie en rejoignant l’association Aurore, au plus près des démunis.

Cela aurait pu être un chemin tout tracé. Après de brillantes études de commerce, Nathalie Avakian débute sa carrière en 2008 dans un cabinet américain spécialisé en droit des affaires. Le travail est intense, les journées interminables. Mais la jeune avocate voit dans ce premier travail un moyen de se former, de défendre des cas ardus et parfois même d’aider gratuitement des associations. Pourtant, rapidement, des doutes l’assaillent. « Je me sentais en décalage avec mes collègues, je ne rentrais pas dans le moule », se souvient la jeune femme de 36 ans. À l’époque, Nathalie n’arrive pas à mettre de mots sur ce sentiment. Elle ressent simplement un manque, insidieux, dans son quotidien.

Comme un « coup du sort », une belle opportunité s’offre à elle. Dominique Bertinotti, alors ministre déléguée à la Famille, lui propose de devenir cheffe de son cabinet. Elle accepte. Nathalie s’en rappelle aujourd’hui comme d’une période « intense et extraordinaire ». Mais celle-ci prend brutalement fin à la suite d’un remaniement.

Et soudain, le déclic

Pour la première fois, cette femme infatigable prend le temps de se reposer, de voyager quelques mois et de réfléchir au sens qu’elle veut donner à sa vie. Elle le sait déjà, ses valeurs la tournent vers la solidarité. Sa brève expérience politique lui a aussi donné un certain sens du collectif. Mais sur quel sujet s’engager ? À son retour en France, en septembre 2015, alors que le débat sur l’accueil des migrants fait rage, le déclic est immédiat. Avec l’un de ses amis, Nathalie décide de lancer (bénévolement) un championnat de football à destination des nouveaux arrivés. « Notre idée était de faire jouer des équipes composées à la fois de migrants et de franciliens, explique-t-elle. Le football est un vecteur assez simple d’intégration, et nous voulions agir vite ! ».

Grâce au soutien de la mairie de Paris et de l’association de réinsertion Aurore, le projet devient vite réalité. De février à juin 2016, le premier « championnat de l’intégration et de la solidarité » (CIS) voit le jour avec 14 équipes. La seconde édition rencontre le même succès. « Ce sont des jeunes très positifs, je prends une bouffée d’oxygène à chaque fois que je les vois », commente Nathalie, un sourire aux lèvres. Et puis, comme elle finit par le confier, ce programme revêt un sens particulier pour elle. La jeune avocate vient en effet d’une famille arménienne, réfugiée en France dans les années 1920. C’est grâce au football que son grand-père, puis son père, ont trouvé leur place dans la société. « Ce projet m’a reliée à eux », souffle-t-elle.

De nouvelles responsabilités

Peu à peu, Nathalie parvient elle aussi à trouver sa place. L’association Aurore, séduite par son dynamisme et ses capacités d’organisation, l’a embauchée il y a six mois en tant que directrice de centres d’hébergement pour les plus démunis. « Je gère huit centres de tous types. C’est un travail de terrain exigeant mais je sais pourquoi je me lève le matin. Je ne changerais de place pour rien au monde », assure Nathalie, avant de conclure : « Il faut toujours s’écouter et oser franchir le pas ! »

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