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En Afrique, des initiatives associatives participent à la lutte contre l’excision

Article publié le 06 février 2018

Les jeunes femmes restent les premières victimes de l'excision en Afrique. Aujourd’hui, des initiatives sont menées auprès des communautés pour l’abandon de cette pratique. Exemple au Mali.

Dans le monde, on estime que 200 millions de femmes ont subi des mutilations sexuelles[1]. Parmi elles, l’excision est une pratique culturellement ancrée, liée à des croyances d’ordres coutumières, sociologiques ou religieuses. Avec, pour conséquence chez de nombreuses femmes, des problèmes de santé.

Combattre les mutilations sexuelles féminines

« Pour mettre fin aux mutilations sexuelles féminines, il faut changer un ensemble de normes sociales. Cela ne se fait pas en un jour ! Et cela ne se produit pas si l’on ne s’adresse qu’aux femmes. Notre démarche inclut toutes les franges de la communauté : les femmes, les hommes, les autorités locales, qu’elles soient religieuses, sanitaires ou politiques », explique Aurélie Desrumaux, chargée de projets à Équilibres & Populations.

L’association a lancé il y a 10 ans le programme « Protéger la prochaine génération », qui se bat pour l’abandon des mutilations sexuelles féminines. Au Mali, dans le district sanitaire de Kayes, 152 villages sont engagés dans cette démarche. Sur le terrain, l’association malienne pour le suivi et l’orientation des pratiques traditionnelles (AMSOPT) anime des sessions de sensibilisation, des rencontres et organise des événements mobilisateurs dans les villages, comme des cérémonies publiques d’abandon de l’excision. « Les évaluations montrent des résultats positifs. Ce modèle va être reproduit dans des zones aux caractéristiques similaires », continue Aurélie Desrumaux. À l’heure actuelle, 138 de ces 152 villages ont officiellement abandonné la pratique de l’excision.

La garantie d’un nouveau statut social

« C’est une dynamique, un cercle vertueux. Les villages qui rejoignent le programme reçoivent un financement de l’Unicef, qui bénéficie aux femmes. Avec ces fonds, elles démarrent des activités génératrices de revenus : des micros projets d’élevage, d’agriculture ou de transformation alimentaire. Ces revenus complémentaires leur permettent d’accéder à un nouveau statut dans la communauté, et leur ouvrent la possibilité de faire valoir davantage leurs droits». Cette autonomisation et ces nouveaux revenus viennent augmenter légèrement le niveau de vie des familles, quand l’abandon des mutilations sexuelles féminines permet d’améliorer sensiblement la situation sanitaire des femmes.

 

[1] Source : Unicef

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