
Nos poubelles regorgent de merveilles insoupçonnées ! Lancée en 2006, l’association Déchets d’Arts en apporte la preuve chaque fois qu’elle organise un atelier. Emballages pour le pain transformés en bijoux, porte-documents réalisés à partir d’affiches de cinéma sur bâches, boîtes de conserves métamorphosées en instruments de musiques,…
Directrice de la maison de quartier de Rougemont, à Sevran (93), Quitterie De La Noë a récemment fait appel aux services de l’association pour organiser une exposition d’épouvantails dans le cadre d’une fête de quartier sur le thème des jardins. « La ville de Sevran est sensible au tri sélectif et à tout ce qui touche à l’environnement. Nous avons donc trouvé intéressant de mobiliser les plus petits autour de l’écologie grâce à une activité amusante qui valorise les déchets. »
Dimension ludique
Les membres de Déchets d’Arts ont de l’imagination à revendre. Même si leur démarche n’est pas qu’écologique. « Derrière la revalorisation des déchets, il y’a aussi une réflexion philosophique », précise Anne-Dominique Gaté.
Cette plasticienne qui, avec Nicole Olier, ingénieur à l’aménagement du territoire, est à l’origine de l’aventure, planche actuellement sur un projet de réinsertion de détenus en Guadeloupe dont elle attend bien plus que la seule sensibilisation à l’écologie. « Travailler sur les déchets, c’est trouver de la valeur là où on ne s’y attend pas. Et puis, il y a la revalorisation de soi-même ». Psychiatre, Noémie qui travaille à l’hôpital de Montmorency, reconnaît d’ailleurs que lorsqu’elle s’est rapprochée de l’association pour monter des ateliers dans le service pédiatrique de l’hôpital, c’est davantage la dimension ludique qu’environnementale qui l’a séduite. « Je voulais trouver un outil thérapeutique capable de sortir des adolescents en grandes difficultés de l’engrenage de l’échec et de la violence. Les déchets sont des matériaux intéressants car on n’abîme pas des choses qui étaient destinées à être jetées… » En montant un projet commun, co-géré par les gens de l’association et les patients eux-mêmes, la jeune psychiatre qui a décidé de rejoindre le rang des bénévoles de Déchets d’Arts, espère trouver du beau et de l’utile là où d’autres ne voient que des rebuts…Tout un symbole.
Une aide à la réinsertion
Depuis les premiers ateliers, organisés auprès de collégiens du Vexin, dans le Val d’Oise, le champ d’intervention de l’association s’est considérablement étendu. « Au-delà de la dimension artistique, qui vise également à repérer et à sauvegarder les savoir-faire, explique Anne-Dominique Gaté, l’objectif est aussi d’aider à la réinsertion en confiant la fabrication des objets que nous réalisons à des structures d’insertion ou à des talents repérés sur le territoire de Seine-Saint-Denis ». A terme, elle verrait bien Déchets d’Arts transformée « en une entreprise solidaire qui valoriserait autant les matériaux de récupération que les compétences de ses salariés.» Mardi 23 juin, l’ADEME a rendu public les dernières statistiques sur les déchets produits par les français : 391 kilos par an et par personne. Pas de doute, l’association a encore de la matière pour créer…
Hakim Bendaoud
Accès au mini site Déchets d’arts
Contact :
Anne-Dominique Gaté, co-fondactrice de Déchets d’Arts.
Adresse : 4, villa Charles – 93800 Epinay-sur-Seine.
Tél : 06 17 57 12 95
www.dechetsdarts.com